Passer au contenu principal

👩‍🏫 Comment rendre vos présentations plus digestes ?

Capter l’attention : limitez les messages, simplifiez les supports et ajoutez des images pertinentes pour des présentations efficaces.

Écrit par Océane
Mis à jour il y a plus de 6 mois

💬 Principe n°1 : Limiter la quantité de messages à transmettre

Face à une contrainte de temps, le premier réflexe du pédagogue est de vouloir “rentabiliser” à tout prix le temps à disposition… et donc d’en profiter pour faire passer le plus de messages possibles ! Conséquence invariable de cette stratégie : La cadence de voix s’emballe, les planches se succèdent à toute allure... les pauses et respirations laissent place à un flot torrentiel de paroles, les questions naissantes foulées d’un pied inexorable. La nervosité prend le dessus, le souffle vient à manquer, et la présentation, telle un train fou qui hurle dans la nuit, finit par dérailler. L’apprenant ressort abattu, perplexe... à moins qu’il se soit tout bonnement endormi !

D’où provient ce phénomène si courant ? Tout d’abord, d’une absence de choix. Faut-il réellement lister les 15 principes de la Totologie (et ses 5 exceptions) ? Votre présentation magistrale de l’art graphique peut-elle aborder les formes, les proportions, la lumière, les couleurs, et la perspective, en 10 minutes ? Si vous ne sélectionnez pas le plus important, toutes ces informations seront en compétition pour se faire une place dans la mémoire des apprenant·e·s… et le tri qui sera fait ne sera pas forcément le plus pertinent.


Vous l’aurez compris : la réussite d’une présentation se joue en amont, dans la sélection des messages à transmettre. Cette réflexion accompagne naturellement celle sur les objectifs pédagogiques, que nous avons abordé dans le chapitre précédent.

Comment mener à bien ce travail préparatoire ? Voici quelques pistes :

  • Votre point de départ ne doit pas être ce que vous voulez transmettre, mais plutôt ce que l’apprenant est en mesure de comprendre.

  • Commencez par vous poser la question de l’apprenant : qui est-il ? Quel est son niveau actuel ? Quel changement doit-il avoir atteint suite à votre intervention ?

  • Puis, la question du temps : de combien de temps disposez-vous ? En fonction de ce temps, quel objectif vous paraît réaliste ?

  • Une fois la réponse à ces questions identifiées, passez à la sélection. S’il ne fallait retenir que quelques messages, quels seraient-ils ? Ne jetez pas les autres messages à la poubelle pour autant : vous pourrez toujours les rendre disponible dans un document à part que vos apprenant·e·s seront libres de consulter à un autre moment..

🎯 Principe n°2 : Limiter la quantité d’informations dans vos supports

Si la quantité d’informations totale à transmettre doit être réduite, la quantité d’informations qui apparaît dans vos supports doit l’être encore plus minimale. Par exemple, la règle d’or pour les présentations basées sur des diapositives : une diapositive = une information clé.

Combien de slides ressemblent davantage à un roman saga qu’à un haiku ? La remarque peut sembler banale. Pourtant, des arguments sont souvent avancés pour justifier de pratiques contraires :

  • “J’ai peur d’oublier ce que je vais dire à l’oral” : Il s’agit là d’un faux problème. Tout d’abord, vous pourriez tout à fait préparer pour vous-même un support différent de celui que vous allez projeter aux apprenants. Rien ne vous empêche de garder des notes de secours à portée de main. Par ailleurs, écrire sur la slide ce que vous allez dire à l’oral est contre-productif : des études montrent en effet que, loin de renforcer votre message, lire ses slides tend à le brouiller (Clark et Mayer, 2016) .

  • “J’ai besoin de limiter le nombre de slides” : Une slide est un espace visuel à traiter avec des ressources limitées. L’attention et la mémoire de travail, qui régulent la quantité d’informations que nous pouvons traiter à un instant t, sont surtout en jeu lorsque nous parcourons une slide, et non lorsque nous comparons des slides entre elles. Pour renforcer la mémorisation de votre auditoire, mieux vaut privilégier 50 planches courtes et percutantes plutôt que 10 slides bavardes.

  • “J’ai trop de choses à dire” : Les rédactions les plus efficaces expriment leur idée en un minimum de mots. Pensez à la richesse sémantique du roman d’Ernest Hemingway: “A vendre, chaussures bébé, jamais portées.” Si Hemingway peut écrire un roman en six mots, il doit être possible de simplifier votre présentation du 10ème principe de la Totologie.

🏞️ Principe n°3 : Ajouter intelligemment des images dans vos supports

Supposons que vous vouliez décrire le fonctionnement d’une ampoule. “Le filament chauffe au passage de l’électricité… il dissipe la chaleur sous forme de lumière.” Si cette idée se comprend verbalement, elle sera bien mieux assimilée si vous l’accompagnez d’une image représentant le filament en train de chauffer. La combinaison du verbal et du visuel aidera vos apprenants à se forger un modèle mental plus représentatif du fonctionnement d’une ampoule. A noter que cette recommandation est tout aussi applicable pour des phénomènes plus abstraits, tels que des concepts juridiques ou des processus de gestion.

Attention, toutefois, tous les visuels pédagogiques n’ont pas la même efficacité :

  • L’image utilisée doit compléter le sens des mots correspondants. Une image purement décorative (une photo d’ours polaire pour parler du réchauffement climatique, par exemple) peut produire un rôle positif sur les émotions, mais peut tout autant être source de distractions, tout comme le serait une musique ou un bruit de fond.

  • Les représentations schématiques sont préférables aux représentations réalistes. On pourrait penser qu’une photo réaliste facilite l’application pratique…... En vérité, c’est l’inverse : d’apprentis chirurgiens maîtrisent mieux l’anatomie du coeur en observant des schémas qu’en se penchant sur des photographies, car leur attention sera focalisée sur l’essentiel. En effet, confronté à un schéma complexe ou à une photo, le cerveau doit fournir un effort important pour y sélectionner les éléments pertinents avant même de commencer à les traiter. À l'inverse, un schéma présentant peu d'éléments inutiles permet de focaliser l'effort mental : il sera donc beaucoup plus simple à intégrer.

  • Lorsque vous utilisez des schémas, veillez à placer vos légendes le plus proche possible des images qu’elles représentent. Pensez au montage d’une armoire en kit : si vous devez jongler en permanence entre les schémas du mode d’emploi et les légendes des pièces à assembler, vous perdrez aussi bien en temps qu’en énergie.

  • Si votre schéma est complexe, il est préférable de l’afficher progressivement plutôt qu’en une fois. Ainsi, pour représenter un bateau, vous pouvez d’abord focaliser l’attention sur la coque, puis sur les voiles… *

💡 Le saviez-vous ? Mêler de l’image et l’audio (votre voix) est encore plus efficace que de mêler de l’image et du texte. En effet, l’image et le texte doivent tous deux être traités par la vue, ce qui peut créer un embouteillage sensoriel, tandis que l’image et l’audio mobilisent deux sens différents (la vue et l’ouïe, respectivement), qui se complètent.


Mots clés : recommandations, conseils, présentations, structure, visuels


Des questions supplémentaires ? N’hésitez pas à nous contacter à [email protected]. Notre équipe est à votre disposition pour vous aider et vous accompagner dans vos projets ! 💬

Avez-vous trouvé la réponse à votre question ?